dimanche 9 mai 1999 bolsin de bougue
 

Le bolsin de Bougue était cette année face à une rude épreuve : il fallait concurrencer la corrida de Floirac où 6 Alcurrucen (qui sont tout de même les toros à la mode) attendaient El Juli et Rincon. Je n'aurais pas parié sur Bougue et j'aurais eu tord ? Dire que les arènes étaient pleines serait une galéjade, mais elles sont suffisamment bien faites pour que ce ne soit pas gênant. En effet, les traverses de voies ferrées qui sont entre la piste et le champ d'asperges peuvent passer pour autre chose que des gradins latéraux.

Nous retiendrons surtout que les novillos proposés par Niño de la Capea étaient tout à fait adaptés à ce genre de compétition. 5 novillos qui ont servi du début à la fin de chacune des faenas et qui n'avaient pas de différence majeure. Le 4° a même fait une vuelta, ce qui a tété contesté, mais est-ce bien grave ?

Bougue : Angel FrancoVenons-en aux toreros, car c'est pour eux que nous étions-là. Et commençons par la fin. Aucun n'est maître de la mise à mort. Certes, ils n'ont que très peu d'expérience dans ce domaine, mais s'ils veulent honorer correctement les contrats qu'ils ont gagné pour cet été, il va falloir travailler ce secteur-là de la faena qui ne pardonne pas. Deux des jeunes étaient gauchers. Ce qui surprend au moment de la mise à mort (même si Banti nous a appris la signification du mot ambidextre), mais qui donne une certaine aisance pour dessiner les naturelles.

 

Bougue : Angel FrancoMalgré ceci, les plus beaux moments à la muleta sont à l'actif d'Angel Franco (droitier) qui a montré une décontraction impressionnante. A la cape, pour continuer notre film à l'envers, c'est Gomez qui a tenté le plus de choses et les a réussies dans l'ensemble. C'est certainement l'influence de Juli (qu'est-il en train de faire à 100 bornes d'ici ?) qui nous apporte ça. Banti, malgré tout son courage et un certain talent n'a pas pu accéder au second tour de cette finale.

Bougue : Angel FrancoDésormais en tête à tête espagnol, Gomez a servi une faena un cran au dessus de celle de son premier combat. Des passes de cape encore superbes, des naturelles lentes et templées et une mort assez rapide lui ont valu une oreille. Il fallait que Angel Franco relève le défi pour confirmer son léger avantage du premier tour. J'avoue qu'une de ses séries m'a époustouflé par sa perfection. Nous lui avons donc également donné une oreille (que nous pouvions protester à cause d'une mise à mort laborieuse) pour que le jury puisse délibérer et le déclarer vainqueur.

Je ne parlerai pas des attitudes de Paquito Leal qui a le droit de défendre ses protégés car il a le droit de penser ce qu'il veut de l'organisation de ce bolsin. Par contre, je n'ai pas compris les arguments d'Olivier Baratchat. Un bolsin, ça ne se truque pas je pense. Et cette année, la parfaite alchimie entre les novillos et les compétiteurs a été atteinte, gardons les mêmes ingrédients pour l'an prochain.

 

8 mai 99 : St Vt de Tyrosse
13 mai 99 : Valladolid
14 mai 99 : Madrid
15 mai 99 : Talavera de la Reina