15 mai 99 : Talavera de la Reina

samedi 15 mai 1999 talavera de la reina
 

Nous avons laissé Madrid fêter la San Isidoro et nous sommes arrivés dans Talavera de la reina en fête. Le champ de la feria était recouvert de casetas aussi bruyantes qu'hétéroclites. Le soleil ne semblait pas pardonner à ceux qui avaient du mal à choisir leur camp tant il plombait le sable qui chauffait de plus en plus.

Talavera de la ReinaAprès avoir fait la connaissance des revendeurs locaux, nous avons eu le droit de poser une demie fesse (chacun) sur les gradins de Talavera.Le cartel de luxe de cette année 99 avait en effet attiré la foule des grands jours.

Regardons les prestation dans le sens inverse de leur déroulement. El Juli nous a resservi ce qu'il sait très bien faire et qu'il nous avait déjà servi à Valladolid deux jours plus tôt. Mêmes causes, effets sensiblement différents, il a coupé deux oreilles. José Tomas n'a pu tirer grand chose de son premier toro. Or pour sortir à ombros, il faut couper 2 oreilles. C'est ce qu'il a fait à son second toro. Cela ne sert à rien que je vous bassine avec une tentative de description de sa faena ; elle a été très belle et de toute façon, il était surtout prévu qu'il sorte aussi en triomphe. Venons-en enfin à Ponce. Vous avez bien entendu compris qu'il a lui aussi coupé 2 oreilles, mais je vous laisse deviner si c'est 1+1 , 2+0 ou 0+2. Je promet une bonne récompense à celui qui met le 1° la réponse sur le forum.

Ponce, j'en ai certainement dit du mal ces derniers temps. Je me rappelle même avoir critiqué certains de ses sourires cet été à DAX. Et bien je m'excuse et retire ce que j'ai dit. J'ai même dit que El Juli, c'est ce qu'il pouvait nous arriver de pire. Là aussi, je m'en excuse (profitez-en car ce n'est pas si fréquent !). En effet, j'ai compris ce que El Juli pouvait nous apporter.

Talavera : Ponce, Tomas, El JuliEn déclenchant ce qu'il déclenche sur le public, il a sorti Ponce du conformisme dans lequel ses années de triomphes l'avaient plongé. Nous avons vu ce jour-ci un toreo des plus délicats, des plus doux et des plus beaux. La douceur avec laquelle Ponce a enchaîné ses passes de muleta, la lenteur avec laquelle il avançait sur la pointe des pieds face à ses toros ont mis en sourdine les bruits divers qui faisait ronronner les gradins.

Nous étions venus voir le cartel de luxe, nous l'avons vu. Nous voulions voir une feria dans une petite ville espagnole, nous l'avons vu. Et nous sommes ressortis envoûtés par cela douceur qu'a su déployer Ponce face à la fois à ses toros et ses compagnons de cartel. N'oublions pas qu'avant Juli, c'est en Tomas que nous voyions celui qui allait faire descendre Ponce de son piédestal.

Je ne veux pas dire que l'aîné du trio a renvoyé ses cadets à leurs bacs à sable respectifs. Mais ce jour là, à Talavera, ce sont les derechazos de Ponce qui m'ont accompagné toute la nuit. Et puis quel bonheur de baigner dans cette formidable ambiance de fête populaire. A quand des arènes bruyantes en France, à quand des fantastiques dos nus et des brunes aux sourires envoûtants autour de nous dans nos arènes. Je peux donner mon agenda taurin s'il y a des propositions sérieuses.

Talavera de la Reina


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