13 mai 99 : Valladolid

jeudi 13 mai 1999 valladolid
 

Ce jeudi, c'était l'ascension. Cette fête chrétienne est célébrée dans de nombreux pays, mais pas en Espagne. Ce qui peut sembler curieux dans un pays à tradition catholique si marquée. Enfin, qu'à cela ne tienne, Valladolid fait exception à cette règle et nous a offert une superbe soirée de toros.

En effet, l'arène était remplie de gens qui étaient venus faire la fête. La bonne humeur et la joie régnaient sur les gradins : en un mot, allégria. Les toros avaient été choisis dans ce but : servir et mourir. Les cornes ont pu paraître louches, mais ce jour-là, ce n'était pas bien grave.

Valladolid : LuguillanoBon, dans cette excellente ambiance, que c'est-il passé ? Luguillano, le gitan local déclencha les hostilités. Il toréa son premier avec un art gitan qui peut être très agréable à regarder. Le public a demandé une oreille (moi, je n'étais pas encore dans l'ambiance) et son sourire pendant la vuelta faisait plaisir à voir. Il fut plus réservé à son second toro. Il est vrai que celui-ci semblait plus méfiant. Mais nous avons pu le revoir déplier sa cape en l'enroulant autour de son épaule pour faire sa seconde vuelta.

 

Valladolid : mouchoirsEl Cordobes lui nous a rappelé ce que signifiait le qualificatif de populaire. Cet homme est capable de s'adapter aux situations et aux arènes qui se présentent à lui. Certains peuvent critiquer ses attitudes parfois populistes, mais c'est parfois enivrant. Pour l'avoir vu briller dans les extrêmes du toreo, je peux dire aujourd'hui que j'aime ce qu'il fait. Son premier combat fut plein de courage et de beauté.

La présidence s'auto déclencha une belle bronca en ne rien donnant. Son second combat était encore plus courageux car le toro le cherchait et avait trouvé le chemin. Là, en ne donnant qu'une oreille, c'est une bronca de compétition que la présidence a ramassé. A ce moment-là, j'avais plongé dans l'ambiance et j'agitais moi aussi de toutes mes forces mon mouchoir blanc et sale.

Valladolid : El JuliParlons à présent de celui que certains appellent " l'extra-terrestre " et d'autres El Juli. Je n'avais pas encore eu le loisir de juger de mes propres yeux ce que les télévisions nous avaient montré. Et puis avec les télés, on peut toujours penser qu'on ne nous montre que les bons cotés des meilleurs moments ? Alors un peu d'attention y vamos a ver. Je ne parlerai pas de ce qu'il s'est passé sur le sable de Valladolid. Il n'a pas triomphé (en a-t-il vraiment besoin ?) et passons directement à ce que je pense de lui. Ce gamin n'est pas un " extra-terrestre ". C'est juste un excellent torero ! Nous avons tendance à exagérer, mais c'est tout simplement parce que nous n'avons pas eu droit à ça depuis longtemps (Ojeda pour moi).

En effet Chamaco et Jesulin n'ont pu confirmer en tant que matadores ce que nous avions vu chez eux en novilleros. Et je n'ai jamais vu (ou du moins pas encore) en Ponce et Joselito des prétendants aux voyages en soucoupe volante. Nous voilà donc en face d'un grand torero de 16 ans. Je relèverai chez lui un aspect qui n'est pas chez les autres : il torée comme s'il se promenait sauf que de temps en temps, un toro passe près de lui. Ce qui rend son toréo de cape formidable. Je ne relèverais qu'un point faible qui est du à son jeune age : il manque de forces dans les mains, ce qui le fait se laisser désarmer souvent et lui rend l'épreuve de la mise à mort parfois difficile. En cette fin d'après-midi, nous avions vécu un bon moment de fiesta brava. Ca fait bien plaisir de vivre une corrida dans cette ambiance.

 

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