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"nous irons tous vomir au paradis" el Muchacho Maximo

 

grincheuxsimpletprofatchoumtimidedormeurj'oubli toujours le nom du dernierbloody haribo

 

La chronique gastro d'el Muchacho Maximo



pour d'evidentes raisons de confidentialite, de securite et de modestie, le Mucho Max reste masque

el Muchacho Maximo (à gauche) et Manuel Herrero,
patron du bar du Secteur et ancien grand torero

 

 

 

L'Espagne n'est pas très bien représentée à Paris. Les restaurateurs ne font pas une publicité comparable à leurs concurrents sud-américains et la fièvre latino s'oriente plus vers les cocotiers et plages subéquatoriales que vers notre voisin immédiat et d'une manière générale, les guides touristiques de la capitale ne citent que peu de restaurants espagnols. Il ne faut pas s'en plaindre : le goût pour l'Espagne est partagé par beaucoup, mais en tant que thème, cela reste un peu une question d'amateurs, ce qui n'est pas une mauvaise chose. 

On peut classer les quelques adresses parisiennes (mais la liste est encore fort incomplète) en trois rubriques. La première concerne des lieux qui ne sont ni bons ni mauvais, mais qui ne s'adressent nullement à l'aficionado et aux amateurs de l'Espagne. Ces endroits doivent être signalés pour que l'on sache où l'on va, c'est-à-dire dans des endroits alimentaires qui nourrissent leur clientèle et leur propriétaire. La deuxième catégorie concerne les restaurants qui méritent réellement le détour, même si l'aficion n'en est pas le trait caractéristique. Enfin, il est quelques endroits à ne pas rater, si l'on veut parler tauromachie et picorer des tapas. 

Il faudra également penser à ceux, très nombreux, qui sont soucieux du bien être des espagnols et des aficionados du monde entier. C'est pourquoi la liste absolument complète des bons plans DANS LE MONDE ENTIER sera proposée ci-joint. Si d'aventure cette liste pouvait comporter des oublis, merci de le signaler.

Quoiqu'il en soit, la fête espagnole ne se constitue pas uniquement de petits pimientos et de vino tinto. Elle comprend aussi des dimensions spirituelles que l'on n'aborde que mieux, lorsque l'appétit est satisfait, ce dont il sera question en fin de rubrique.
Avant d'aborder la liste des bons et mauvais endroits de la capitale et des choses parfaitement saines pour l'esprit, on précisera que tout aficionado de toros y gastos est autorisé à faire valoir ses propres observations, pour enrichir la l'estomac de ses collègues aficionados

 

Vous connaissez une bonne adresse de resto y gastos ??? Faite le nous savoir en cliquant ici.

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toro--L'Espagne pour touristes.

Certaines adresses ne sont pas nécessairement agréables ou désagréables : tout simplement, elles existent, évoquent l'Espagne et l'aficionado peut s'y rendre, mais il doit savoir que c'est juste pour flairer un goût lointain du soleil andalous.On peut signaler, sur ce point, les restaurants suivants :

L'Auberge espagnole au 20 rue Daval, 11ème arrondissement (01.47.00.31.17).
Le restaurant se trouve dans une petite rue qui démarre de la rue de La Roquette et la première salle peut être sympathique avec une longue table pour un petit groupe de convives. Excepté cette petite audace, l'on y trouvera toutes sortes de tapas et de paëllas à un prix courant pour ce genre de repas à la capitale et sans grande originalité.

La casa pepe, 5 rue Mouffetard, 5ème, (01.40.46.86.02). Comme le précédent, peu de choses à dire, sauf que c'est bien à cette adresse que l'on peut ingurgiter la même chose.   

On signalera encore, pour les seuls besoins de la cause le restaurant intitulé " Le PHYSICIEN ", 118 rue Monge à 7500 Paris (01.43.36.14.14) qui mérite un tout petit commentaire.
Tout d'abord, c'est pas espagnol mais basco-béarnais, comme d'ailleurs le restau l'affiche spontanément pour démontrer sa bonne foi. Ensuite l'ambiance peut y être vraiment déplorable, surtout lorsque les enfants des patrons font des fugues et ça a l'air d'être fréquent chez eux. Enfin, le patron lui-même, lorsque minuit approche, commence à devenir sympa sous la très légère brume éthylique qui l'enveloppe douillettement. Bon, à part cela, on y trouve une cuisine sans commentaire et des tas d'affiches de corridas passées. C'est beau. Donc, pour les collectionneurs, pourquoi pas.

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toro--L'Espagne branchée.

Il est aussi de bon ton de s'encanailler à la mode espagnole, et les endroits recommandables ne manquent pas.

Le coup de cœur est pour le bar Les oreilles et la queue, rue du Roi de Sicile, 4ème arrondissement (01.48.87.61.30, mais l'on ne réserve pas, en tout cas, fermé le lundi). La petite salle est très vite remplie par un public animé et l'ambiance y est toujours chaleureuse. Le lieu est tenu par quelques jeunes, dont le " patron " est un voyageur ayant vécu un peu partout et aimant parler d'horizons exotiques. Quelques affiches rappellent des arènes connues et des toreros de renom. En outre, les prix peuvent être très raisonnables : on y trouve des vins agréables (notamment le Vino Sol) et tapas à satiété, mais pas de plats chauds pour l'instant.

Triste nécrologie : c'est malheureusement les meilleurs qui partent les premiers. Depuis juillet 1999, c'est malheureusement, semble-t-il le cas pour les Oreilles et la Queue, site parfait pour les amateurs de coins cools et branchouilles, mais pas trop. Bref, le nom et les références de cette endroit restera fidèlement sur cette rubrique pour commémorer ce cher disparu et dans un souci d'histoire de la bouffe.

- L'endroit réputé, et certainement connu de tous, est Les caves Saint Gilles, à l'angle de la rue Saint Gilles et de la rue des Tournelles, 4ème arrondissement (01.48.87.22.62, ici il faut réserver). Le cadre, la nourriture et les vins espagnols y sont excellents, et les prix quoiqu'un peu élevés restent acceptables (le restaurant ne prend toujours pas les cartes de crédit). La clientèle y est très 4ème arrondissement (ce qui n'est pas une critique) : jeunes branchés arts divers et familles bourgeoises du quartier. 

- On trouvera aussi quelque affiche de tauromachie dans un recoin d'un restaurant parfait en tout, sauf qu'il n'est ni espagnol, ni axé sur l'aficion, mais qui peut être l'occasion d'un détour : Aux Pyrénées rue de BEAUTREILLIS, 4ème arrondissement. Endroit branché et jeune, bonne nourriture française et sud-ouest, prix légèrement élevés, mais abordables.   

La force des chose nous y oblige. Sous les feux d'une actualité brûlante, nous sommes obligés de mettre à jour nos informations. Il sera donc ici question de la PARROQUIA 12, rue Marie Stuart IIIème tél. : 01.42.21.98.76. Mais attention, nous sommes dans un monde où les choses vont trop vite, et les présentes informations sont peut-être déjà obsolètes.
En effet. La PARROQUIA a pris la suite de la très célèbre MOVIDA, célébrée avec émoi quelques lignes plus bas. En effet. La MOVIDA avait dû mettre la clé sous porte il y a un peu plus d'un an et demi, et bout de l'Españe se mourait ici. Mais, ressuscitée par la même équipe la MOVIDA tente, haletante, de renaître de ses cendres et de faire encore et toujours vibrer la flamme andalouse. Mais attention, à l'époque où nous avions testé la PARROQUIA pour notre plus grande joie, nous fûmes obligés de constaté que la PARROQUIA n'était pas vraiment l'ex-MOVIDA. Fraîchement ouverte, la PARROQUIA n'était guère fréquentée, et il faut absolument encourager le touparis de s'y précipité très vite, car le lieu est en perdition. D'autant plus que la musique y est toujours agréable, et l'escouade de Fernando s'est enrichie d'un ou plusieurs nouveaux interprètes qui savent faire des choses avec les cordes de leurs guitares. Seulement attention. La surprise nous guettait dans l'ombre. Il s'agit du prix. Le prix de la paëlla, qui n'a pas beaucoup changé depuis l'époque (cf. ci-dessous) a subi une grosse inflation qui n'est pas vraiment affichée selon les règles applicables en la matière. Alors, négociateurs, à vos postes.

Triste nécrologie : Ici c'est pareil que pour les Oreilles et la Queue : c'est fini depuis juin ou juillet 1999 (décidément mauvais temps pour les gastos). Terriblement dommage que l'excellent Fernando avec sa voie où roulaient les cailloux n'a pu retenir une nouvelle fois l'attention des véritables gens qui savent. Peut-être bientôt une future ex-Parroquia. Il faut vraiment le souhaiter.

Cet endroit de la rubrique est aussi celui où l'on est forcé de caser des lieux totalement incontournables pour celui qui se veut amateur de choses à l'españole, même si c'est un tantinet étranger à l'afficion. En effet, qu'il est malaisé, voire terriblement malaisé pour ne pas affreusement malaisé, de devoir faire des classifications scolaires pour guider les gens vers des trucs disparates, mais sympas, sans que personne ne se perde au sein de cette rubrique (absolument indispensable).

- Ah lala! Où caser ailleurs qu'ici, des coins qui sont presque des ambassades de l'Espagne, tels que le Bistrot de la Catalogne ?

Ca se trouve au centre de Paris -la plus belle ville du monde- c'est-à-dire au 4-6-8 Cour du Commerce Saint André, Métro Odéon, dans le passage qui va de ce métro à la très sainte rue Saint André des Arts, un endroit où les pavés restent divinement et adroitement disjoints, fait exprès pour les très belles femmes en tallons très aiguilles. Dans le temps, ça a dû être un coupe-jarrets avant d'être, aujourd'hui, en endroit franchement BCBG, un rien touristicocher.

Mais qu'importe ! On est réellement sûr d'entendre parler surtout espagnol, à tel point que le Français de Toubon n'y est que la seconde langue. Ne serait-ce que pour cela, ceux qui se piquent d'aimer encore et toujours l'Espagne se doivent d'y aller.

Le cadre est moderne, mais de goût. L'ambiance y est certainement à l'image de notre pays voisins et même que les clientes d'un certain âge (de l'âge où l'on ôte ses bigoudis juste avant d'aller se montrer en public) n'hésitent pas à vous aborder avec leur accent charmant pour vous demander si le plat que vous avez commandé est bon et si ça vaut la peine de s'en souvenir pour la prochaine fois où elles ôteront leurs bigoudis avant de se faire voir en public. Terrible, non ?

La sublimissime Luz Puyol et moi-même y consommames, outre des traditionnels tapas, de machins assez originaux, tel un " suquet calamars " (très bon) et un ou une " fideua " (excellent), arrosé d'un " penedes " rouge (pas mal) pour terminer avec 2 crèmes catalanes (on a oublié ce que s'était), pour une somme très raisonnable (que l'on ne peut avouer ici, puisque c'est moi qui ait invité la sublimissime Luz, mais c'était dans mes prix). Bref, une bonne note.

- Dans cette même catégorie des incontournables, il convient de ranger le très célèbre LATINA, avec son non moins célèbre BISTROT LATIN.

Ca se passe à côté de chez vous, 20, rue du Temple, métro Hôtel de Ville, (téléphones : 01.42.78.47.86 et 01.42.77.21.11) et c'est franchement rigolo. Pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, il y a une salle de cinéma assez réduite où les sièges sont entre le strapontin et la chaise plastique pliable et l'on y voit des machins à tendance hispanique y compris latino. Ceux qui veulent absolument voir des pubs avant le film, c'est pas le bon endroit, car il n'y a pas de pubs avant le film. Et les toilettes de l'endroit, c'est aussi une certaine aventure, autrement dit, il faut prévoir à l'avance, car elles sont loin, difficile à trouver, petites et parfois bondées. Donc attention.

Ensuite, avant la salle de cinéma, il y a un espace pas trop vaste. Le long des murs, il y a des tables et au milieu rien du tout. Si on a beaucoup de chance, on peut s'y attabler et picorer des tapas et quelques machins sans grand intérêt pour un prix chouette.

Enfin, le milieu de la salle (là où on vient de dire qu'il n'y avait rien du tout) est quand même le point central d'une certaine vie parisienne ultra branchée et terriblement sélect au point que personne ne vous parlera jamais, à moins d'être introduit par on ne sait trop qui (c'est très parisien, étant rappelé que Paris est vraiment la plus belle ville du monde). Aux environ de 20 h le LATINA s'éveille : tous les mercredis, jeudis, vendredis et samedis, musique et bal tango à gogo. Seuls les bons ont le droit d'esquisser des pas timides, laissant la place aux danseurs qui s'y croient (parce que eux ils n'y vont pas pour rigoler). C'est vraiment marrant. Les fins connaisseurs y reconnaîtront des personnages constituant l'élite de l'élite des tangeros, tels -eh oui- Victor et Carmen, les divins (là on est sérieux) et quelques autres danseurs époustouflants. De plus, il y a même de la musique tango live, on a bien dit : live ! Et au bandonéon, avec un rien de chance, on peut y voir et écouter le gros et talentueux Juan José Mosalini, frère du non moins célèbre Mosalini, qui s'éclate à fond (et qui danse aussi très très bien, on dit même que chez lui se serait génétique).

Bref, si ce n'est pas exclusivement espagnol, on pouvait en parler ici, puisqu'il y a des tapas moyens et moyennement bon marché.

Il faut encore rajouter dans cette rubrique un lieu fort bien sous beaucoup de rapports et qui trouve ici sa place, car il y propose des tapas. Bonne ocasion pour révéler l'un des points assez good de la capitale du monde.

Il s'agit du Café Cubana, 47, rue Vavin, 75006 Paris (tél. : 01.40.46.80.81 + fax pour les urgences absolues : 01.46.98.00), que beaucoup connaissent. L'ambiance n'est pas franchement tauromachique, mais plutôt franchement cubaine. Ce qui n'est pas plus mal. L'un des inégalables atouts du lieu, c'est qu'on y trouve, outre mohitos, cuba libre, piña coladas et autres boissons, du rhum Havana Club à acheter et emporter pour ne pas consommer sur place, de même que (HE OUI) des cigares à gogos (un rien chers, mais très bons). En tout cas, c'est légèrement dépaysant, et c'est pas mal. Aux lieu et place des affiches de DAX, NÎMES et autres, on y admire un gigantesque portrait peint à même le mur, (une fresque, oui) du (très) beau Che qui,d'une main tient un cigare sophistiqué et, de l'autre, appréhende un stylographe. Voilà, c'est un coin sympa.

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toro--L'Espagne des aficionados. 

Quelques bonnes adresses permettent de manger et parler espagnol et l'on peut même y rencontrer des connaisseurs en notre matière. 

- Le coin à ne surtout pas manquer est Le bar du secteur, 13 rue de la Tour des Dames (01.48.74.75.64 téléphoner de préférence avant 15h), 9ème arrondissement. L'endroit est parfait : petite salle intime où l'on dîne en général à cinq ou six, et si on prévient à l'avance, on peut y être une petite vingtaine. Le propriétaire des lieux est Manuel HERRERO, ancien matador de toros. L'accueil y est plus que parfait et la discussion sur fond d'arène y court bon train. Manolo n'hésite pas à donner des conseils techniques éclairant pour le toréo de salon et le toréo tout court et peut même prêter pour 3 seconde son épée de mise à mort.  Si vous êtes vraiment motivé, Manolo peut aussi vous donner l'alternative sur le macadam de la rue des Dames en vous donnant l'occasion inespérée de toréer le bagnoles qui s'aventurent dans cette nouvelle arène

En plus, la nourriture y est excellente. Le plat de seranno en entrée y est assez copieux pour faire le repas entier, et la paëlla qui suit est excellente (poulet fermier garanti). Si l'on réserve la veille, Manolo prépare une paëlla au canard que l'on ne trouve pas ailleurs. Enfin, les prix y sont plus que raisonnables. Le bar du secteur est un passage absolument obligé.  

- Il faut aussi recommander La villa 17 rue Saint Blaise, 20ème (01.40.09.92.36). Monsieur Jorge PANELLO, le patron, est discret, mais aficionado déclaré si on lui pose la question. A part ça, le restaurant est bon avec une terrasse pour les beaux jours sur une rue piétonne animée le soir par la fréquentation des divers restaurants l'entourant.  

- Il est impératif de souligner que le restaurant La Paella, Q.G. de l'ALTERNATIVE, sis 50, rue des Vinaigriers Xème (01.46.07.28.89) est le plus ancien restaurant espagnol de Paris. L'accueil y est également parfait, la nourriture irréprochable et il n'est pas interdit de s'enquérir des derniers états de l'actualité taurine.

Voilà un lieu positif : L'ARENAL, 15 rue Notre Dame des Victoires, 75002 Paris (tél. : 01.42.60.00.15). Fut quelques temps en arrière (février ou mars 1999), L'Arenal proposait tous les mardis une zarzuela à 69 F, et tous les jeudis une paella à 59 F. Pas mal non ? Pour ce qui est de tous les midis trois (oui, on a bien dit trois) formules exprès pour vous, messieurs-dames les aficionados : formule rapide à 52 F, formule express (qui aurait pu être plus rapide que rapide et donc moins chère) à 59 F et enfin LA formule de L'Arenal à carrément 72 F. Si EL MUCHACHO MAXIMO a bon souvenir, il faut souligner qu'il y a un buffet à volonté, que la patron s'appelait peut-être Tony, et que pour les businessmen on peut s'envoyer un plat générique au comptoir entre les initiés du coin.


Mais ce n'est pas tout.


En guise de carte de visite du restau, L'Arenal fournit gracieusement des tracts où figurent ses nom, adresses et date de naissance, présentation des trois (oui, on a bien dit des trois) formules précitées, mais aussi au verso, pour les très curieux, tout un tas de promotions pour des billets d'aéroplane vers les destinations de vos rêves les plus excentriques et fous, tel Madrid à 1608 F, Valladolid à 1758 F, Valence à 1758 F, etc…tout en précisant que le boss du coin peut être consulté sur toutes les destinations que vous exigerez immédiatement. Pas mal, non pour un bar à tapas.


Enfin, pour les vrais aficionados, une sublime, quoique planquée, affiche publicitaire pour la bière Cruzcampo, on l'on admire une brune parfaite qui torée un gros taureau avec sa robe décolletée et qui le dirige droit vers une énorme bouteille de Cruzcampo. Brillant.


- Pas loin de la précédente adresse, au 36 bis, rue du Faubourg Montmartre 75009 (tél. : 01.47.70.88.52) se trouve l'honnête LAS CAMPAS. Si c'est pour midi, il faut absolument réserver, même l'extraordinaire EL MUCHACHO MAXIMO s'y est cassé les dents. Incroyable, non. Mais le soir, c'est beaucoup plus dégagé : peu de monde, essentiellement axé ibériques de naissance qui peuvent aussi parler français, si on est poli avec eux, comme l'est l'extraordinaire EL MUCHACHO MAIXMO. La carte n'est pas grandiose, mais l'endroit a un charme incontestable, petites plaques de céramique sur le mur, flonflons plus ou moins exotiques, et tout ça quoi. Pour le soir c'est un endroit calme et recommandable.


 

toro--L'Espagne CHEZ SOI !


Quelques sauvages peuvent imaginer que l'Espagne à PARIS, c'est uniquement para los turistos et ceux qui n'y connaissent vraiment strictement rien à rien. Soit. Chacun a le droit de vivre, même claquemuré chez soi, dans son home sweet home de rève. Et au fond pourquoi pas. On peut tous devenir un peu antipathique et s'aimer plus que les autres, soit pour une période à durée déterminée, soit en revanche pour un vrai cdi d'ermite. Au fond quoi de mieux que de regarder tous seul, mais vraiment tous seul, une cassette vidéo de corrida ou une retransmission sur CANAL + qui nous a dit bonjour, le tout accompagné d'une paella chez soi. Eh bien, cela est enfin possible. Voilà comment.


1) Vous pouvez téléphoner au 01.40.33.00.03 chez " EPAELLA ". La portion de 500 g est vraiment à 41 F (prix de juin 1999), et le kilo de paella à 82 F (c'est le double, quoi). Le tract précise que c'est tous les jours de 11 h à 14 h et de 17 h à 22 h. Il précise en plus que si vous avez l'extrême bonheur de posséder le tract qu'EL MUCHACHO MAXIMO a sous les yeux, vous pouvez même bénéficier d'une remise de 15% contre un coupon détachable incorporé au tract lui-même. Certainement, si vous savez négocier, vous pouvez bénéficier d'une telle remise exceptionnelle en vous rendant sur place. Il y a 3 adresses (1 dans le 12ème, 1 dans le 20ème et une à Suresnes), mais pour ça, mieux vaut téléphoner au numéro susmentionné. Enfin, le tract précise que " c'est vraiment sympa " et que c'est gratuitement (ça arrive encore de nos jours) en 40 minutes (quand même).


2) Vous pouvez aussi bénéficier d'un service comparable, mais pour un prix inconnu en téléphonant au 01.43.87.33.00. C'est quelque part dans le 17ème, du côté du métro Rome, et il est possible de s'y enfourner une part de paella au comptoir.


3) A signaler encore, qu'au somptueux marché de la rue Mouffetard, tout à fait en bas de la vertigineuse ruelle préhistorique, un stand vend, apparemment le vendredi et le samedi seulement, des portions d'une délicieuse paella faite sous vos yeux. Après ça, lorsqu'on est chez soi, il faut la réchauffer, mais au moins elle vient de la Mouffe'.

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toro  L'Espagne DANS LE MONDE ENTIER - all over the world.

Paris est la plus belle ville du monde. On l'a souvent dit dans cette rubrique. Mais il est permis de s'échapper quelques heures de la plus belle ville du monde, par exemple, pour cause de vacances. Alors les touristes qui sont en manque de Paris peuvent aussi à l'étranger, en repensant au merveilleux site de l'ALTERNATIVE qu'ils parcoururent avant d'arpenter le vaste monde, trouver des coins hispanisant fort succulents et agréables. Ici, vous en trouverez la liste absolument complète.

 

toro  Cuba

C'est une île paradisiaque. Il y a de tout ce que l'on peut rêver de trouver au milieu des nuages roses-dorés du paradis toujours ensoleillé. Il y a de tout, mais attention, Papa (= Fidel) veille au bon ordre. Alors, deux choses essentielles sont à retenir : 1° la consommation de bovins est strictement interdite partout sur l'île (sauf dans les six ou sept restaux chinois de la Havane qui servent une très bonne bouffe sino-sudaméricaine étrangement intrigante), donc n'allaient pas à Cuba pour y manger du taureau. 2° les restaux sont nationalisés, sauf les innombrables paladares, et terriblement rares sont les trucs à tapas.

Pourtant, à la Havane, un coin est absolument à conseiller, plus que tout autre dans cette ville géniale. C'est l'HOSTAL VALENCIA, calle officios 53, angle de Obrapia, tél. : 62-38-01. Palais andaloux, patios de rêve, galeries et couloirs, tout est absolument parfait pour le coup d'œil, le charme, l'ambiance et tout ça et tout ça. Ça fait aussi hôtel et restaurant, pas trop cher pour les prix locaux (le prix de la chambre double était cette année de près de 60 US$), c'est en plein centre du quartier nord de la vieille Havane et c'est sûrement plus intéressant que les prétentieux INGLATERRA ou SEVILLA, ce dernier ne semblant avoir d'espagnol que son nom. Bref, à ne pas rater.

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toro--Le coin des aficionados de Gastos y Restos

Certains des plus fins aficionados et palais de la capitale (ou d'ailleurs) ont l'honneur de nous faire partager leurs goûts pour les choses succulentes. Cet espace leur est réservé, et ils y sont les biens venus. Si vous souhaitez qu'EL MUCHCACHO MAXIMO vous réponde, n'hésitez pas à lui laisser votre adresse e-mail, et si vous souhaitez que votre nom figure dans la rubrique, précisez-le.

Ci-après, les observations documentées des gourmets fidèles.


1) Et comment classer Casa Tina, 18 Lauriston, 16° ? Les tapas, bonnes, pas toutes! La paella pas bonne, et la parillada de pescados excellente! Le vino bien , et le brandy mauvais! ambiance très bien, mais trop de "parisiens" et de touristes. Votre avis?

2) La très jeune Carine L. m'a fait parvenir le message enflammé ci-joint en texte intégral, fidèlement recopié pour les vrais internautes :

" Madre de dios, que buena est la cocina à la TANTINA DE BOURGOS au 27 avenue Garonette à TOULOUSE !

Mais si, le hangar dans la rue sombre ! Une des meilleures adresses toulousaines.

Ambiance " caliente " assurée !

La paella là-bas, c'est pas du Coca-Cola : chorizo, crevettes fraîches, poissons en tout genre (uniquement ceux qui savent nager et titulaires du BNS), petits pois… Je ne vous dit que ça !

Et le tout, Oyez braves gens, pour la modique somme de 69 F. Pa'cher !

Les serveurs super sympas (surtout le petit brun) se tiennent à votre disposition pour vous servir des assiettes de tapas, toutes aussi fameuses les unes que les autres, assorties d'une sangria dionysiaque (ça, c'est pour les arsouilles !)


Le décor ? Parlons-en !


Un festival d'affiches de corridas (Air sur Adour, Bayonne, Dax…)

Croyez-moi, la Tantina…ça vaut bien une corrida ! (ragoût d'oreilles de taureaux et rillettes de queues du même animal exclusivement sur commande). "

 

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toro--LA OU L'AFFICION DOIT S'OUVRIR SUR LE VASTE MONDE

L'afficionado est, chacun le sait, une personne cultivée, ouverte à tous les exploits de la culture et aux très larges horizons intellectuels. Il est donc tout à fait permis (pour ne pas dire obligatoire dans un site comme le notre) de guider ses pas de connaisseur là où son appétit de curiosité pourra être très légèrement rassasié.

C'est donc ICI que vous trouverez ce qui compte le plus dans la capitale.

Où fumer un bon narguileh ?

Telle est la question fondamentale de l'afficionado épris de culture ispano-mauresque. Trois bons endroits au moins sont à signaler. - Le premier est le restaurant NEFERTARI 5, rue Saint-Marc, Paris 2ème (tél. : 06.11.81.68.42) - helas, il est maintenant fermé ... (décembre 2004).
 
Il s'agit d'un coin vraiment sympa où les kebabs, brochette d'agneau et autres keftas sont gracieusement proposés par le patron, son cuistot et sa soubrette, le tout arrosé d'un délicieux carcadet et términé par l'éternel thé à la menthe ou café turc (dites plutôt égyptien) dont ils ont seuls le secret.
A midi, c'est assez vite plein, donc ne traînez pas trop pour y aller. Le soir c'est encore assez
peu fréquenté (l'endroit est extrêmement récent), mais ça risque de vite changer. C'est là que les joies ineffables du narguileh vous subjuguent de douces volutes parfumées. Il suffit simplement de se laisser faire, et le pays des 1001 nuits arrive à grands pas vers le noble étranger que vous êtes.

Alors n'hésitez pas à cligner des yeux pour revoir en souvenir les meilleurs moment de vos tertios préférés entre deux gorgées de carcadet et une bouffée enchanteresse.

Le deuxième endroit très chaudement recommandé par EL MUCHACHAO MAXIMO se trouve dans une ruelle obscure et sinueuse qui se glisse de la place des Patriarches à la rue Claude Bernard en passant par la rue Mouffetard. Il s'agit de la rue de l'Arbalète dans le Vème arrondissement de Paris. Le nom, pour les connaisseurs, c'est IMHOTEP, mais évitez de le prononcer et dites simplement le " Café égyptien ", que l'on repère aux effluves de miel et de pommes qui dégoulinent dans la ruelle. Le bouiboui est parfaitement typique : le décor est rudimentaire et un tantinet usé (même si c'est assez récent). Le lieu est étroit, il y a juste une banquette qui court le long du mur tapissé de lattes devenues grises, le " bar " se trouve au fond.

Pour les preux, on peut descendre au sous-sol dans un truc sans aucune ouverture où l'on se vautre à même le sol sur des tapis d'orient élimés, des coussins et quelques bouts de planches. Le must du coin ce sont les narguilehs plus kitschs les uns que les autres, mais délicieux.

La cuisine est essentiellement végétarienne et très correcte (ne manquez pas le plat de fèves). Le lieux est bien fréquenté. Il faut entendre par là qu'il draine une clientèle de jeunes qui se prennent pour les pires aventuriers du monde et qui s'encanaillent dans le 5ème, ce qui est parfaitement inoffensif. A côté de ces comiques, l'on trouve le véritable intérêt de cet endroit magique : il y a d'authentiques égyptiens en surnombre. Ca fait une ambiance vraiment très colorée, chaleureuse, qui fait réellement oublier l'Europe et ils sont irrésistiblement sympathiques. Enfin, les prix sont (ou en tout cas étaient) particulièrement abordables.

Enfin, le frère cadet de l'IMHOTEP, qui se trouve dans une encoignure de Paris, à près de 38 mètres en zigzag de l'IMHOTEP, est certainement unique : il n'y a quasiment que des égyptiens, car les petits aventuriers parigots qui osent pousser jusqu'à la rue de l'Arbalète n'ont pas encore déniché le square Vermenouse. Comme c'est pas très bien indiqué sur les plans de Paris, EL MUCHACHO MAXIMO consent à vous en indiquer le chemin : lorsque vous sortez de l'IMHOTEP et que vous piétinez la rue de l'Arbalète allez sur votre droite, puis la première à droite et encore la première à droite. Une fois que vous y êtes, impossible de louper l'endroit qui est sur le trottoir de gauche. - Pour les très heureux et rares possesseurs de narguilehs petits, moyens ou gros (= +- 3 mètres), il est possible de se fournir en tombac dans un tabac rue Mouffetard. Lorsque vous y arrivez en sortant de l'IMHOTEP, vous tournez à droite, vers le marché où l'on vend de la paëlla (cf. ci-dessus), et c'est le premier débit sur la droite.

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toro--Musica

Corrida, gastronomie et musica se marient allègrement. Il suffit de se rendre à la feria de PAMPELUNE, pour s'en apercevoir. Dans l'arène un taureau et un matador se font face. Dans les gradins, une grande place est faite aux bandas qui donnent dans le ZIM-BOUM tonitruant et cacophonique -elles jouent toutes ensemble, et chacune tente de faire plus de bruit que ses voisines- tandis que, s'il fait beau, le public sort la paëlla et le vino tinto, ce qui ne l'empêche pas de surveiller le sable du coin de l'œil.

Ailleurs, les corridas sont émaillées des stridents appels de quelques spirituels qui clament : " MUSICA ! MUSICA ! " au moment le plus dramatique, jusqu'à ce qu'un aficionado prête son walkman au requérant. Et après la course, dans le tintamarre nocturne, on retrouve le même taureau sous forme de daube dans le gasto qui fait face à l'arène.

A PARIS aussi, la musica n'hésite pas à flirter avec la tauromachie et les tapas. Quelques occasions permettent de s'en rendre compte. Il n'est pas interdit d'en parler ici aussi.

Par souci de clarté, même si cela est un peu lassant pour certains, on peut tenter de classer les choses pour mieux en parler, et mieux les critiquer lorsque le plaisir irrépressible s'en fait sentir. Il est bon de laisser une place au passé et aux chers disparus, avant de parler des tendances actuelles et des nouveautés. Bien sûr, ici comme pour les gastos, toutes les opinions ont libre cours et les contradicteurs sont parfaitement bien venus.

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toro--Le Passé

Le passé n'évoque pas que la nostalgie. Il est souvent référence. Ce n'est pas inutile de le préciser.
1 - Il est ici indispensable de rendre un hommage qui ne peut être aussi vibrant que le son de sa voix, à notre ami Fernando (qui malgré les termes pathétiques de ce passage est bel et bien de ce monde, et l'on s'en réjouit tout en l'attendant vivement).

Fernando tenait l'excellent restaurant LA MOVIDA, rue Marie Stuart (PARIS, 3ème arrondissement). La paëlla était préparée par sa bonne mère, et Fernando aimait s'enquérir pour savoir si elle était mauvaise. Lorsqu'on lui disait que oui, il répondait que c'était exactement la même paëlla qu'il mangeait dans son village natal de LLORCA, préparée par la même chère maman. A côté de ça, les alcools divers coulaient à flot et l'on se plaisait à rester dans les lieux jusqu'à l'aube naissante. A cela, il y avait une bonne raison.

Le restaurant occupait deux caves voûtées, humides, mal aérées, décorées de fresques un rien kitsch. Sous la première nef, on mangeait, buvait, volait son voisin et parlait tout en regardant des vidéos de corridas, lorsque l'appareil voulait bien marcher. Sous la seconde nef, enfumée et sombre, assis au milieu d'un cercle d'habitués, les yeux incendiés par le doux mélange des boissons, accompagné de son fidèle ami Santi à la guitare, Fernando chantait des heures durant un flamenco lugubre, rauque et presque amoureux. A son répertoire, il ajoutait créations personnelles et grands classiques du genre Hasta siempre et quelques ringardises françaises qui prenaient un aspect nouveau grâce à son timbre et à son interprétation.

La MOVIDA a dû fermer sa porte, car quelque huissier ignare, ou simplement payé pour ce faire, est venu pour y mettre un cadenas. C'est fort dommage, car l'Alternative s'y réunissait avec plaisir, et le bon Fernando, sorti des ruelles de LLORCA, se plaisait à nous dire que la corrida ce n'était pas seulement pour les artistes et les critiques, mais aussi pour les petits sans un sous qui avaient des couilles et qui avaient besoin de gagner trois sous pour vivre une vie qu'ils risquaient devant les artistes et critiques susnommés. Depuis, même si l'idée ne vient pas de Fernando, Alternative s'occupe de l'école taurine d'Arles. Coïncidence.

Il est dommage que la MOVIDA se soit arrêtée de movider et que l'on ne peut plus crever une nuit à PARIS façon espagnole. En tout cas, comme dans ce trou sympa.

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toro--Les tendances actuelles

Il y a bien des choses à dire, et forcément peu d'entre elles seront abordées.


 

toro--A - Qui est pour la salsa de bac à sable en tauromachie ?

Ce n'est pas une hypothèse d'école. DAX, qui a démérité à tous points de vus cette année, n'a pas hésité à attirer le chaland pour sa feria du mois de septembre en l'abreuvant d'une salsa médiocre sous un pluie battante (à l'inverse du soleil cuisant d'août, mais la météo fait vraiment ce qu'elle veut, tout comme les toreros qui s'offrent des bœufs moches à souhait en se moquant allègrement des principes, de la tradition et même des aficionados).
Habituellement on aime écouter, à la corrida, un bout de Carmen, du paso doble ou des bandas. Là on est dans un terrain connu, l'aficionado moyen a tous ses repères. Pourquoi ne pas innover et tenter un savant mélange de formes nouvelles. Mais, pour être critique (parce qu'on aime ça) on peut se demander si, à la façon des surréalistes, on peut faire des essais atroces, mais de génie, ou si, à la façon du commercial débutant, on veut faire de l'argent en faisant l'original.

Il semble que la salsa soit née dans les années 70, donc très récemment par rapport à la corrida, à CUBA en mélangeant divers genres de musique, à savoir de la musique africaine, du jazz, de la soul et tout ce que les cubains savaient déjà faire à la perfection. Cela, qui était radicalement étranger à la tauromachie, a donné, pour un peuple amoureux de la joie de vivre, une musique de fête où les âmes fiévreuses voient tournoyer leur déesse de la danse all night long.

Quel rapport avec la corrida, si ce n'est le côté latino ?

Bon. On peut passer sur ce coté, même s'il laisse entrevoir le désir franchement commercial des organisateurs qui se sont dit qu'ils auraient un peu plus de revenus en proposant de la salsa en même temps qu'un quelques corridas ratées.

Mais dans ce cas, il aurait vraiment été de bon goût d'inviter des artistes de talent. Ce n'était même pas le cas. On a entendu quelques trucs molassons dans l'odeur lointaine des merguez en attendant avec impatience l'ouverture des portes des arènes.

Bref, même pour la musica, DAX était un mauvais rendez-vous, et on a honte d'avouer qu'on donné dans le panneau les cornes baissées.

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toro--B - Et qui est pour le flamenco de bac à sable en tauromachie ?

Gagner de l'argent facile est vraiment facile, puisque nous sommes aussi tombés dans le piège des gigantesques affiches de TOROS & FLAMENCO qui ont inondé le très beau et très parfumé métro parisien.
Le sous-itre " ballet à Morante de la Puebla " interdisait qu'on ne s'y rende pas. Le truc a été monté cette année à SEVILLE et s'est lancé dans une tournée carrément mondiale (ils ne reculent devant rien), et notre très belle capitale était l'étape numéro 2 dans leur grande chevauchée vers les USA et le JAPON, où il faut espérer qu'ils passeront un peu mieux. En résumé, c'était franchement mauvais.

Le tract distribué à l'entrée pouvait donner quelques illusions, en faisant référence à " La corrida du 1er mai " de Cocteau. Le tract disait encore que " le flamenco est un Art riche, complexe et envoûtant ", ce qui est parfaitement vrai. On croyait avoir affaire à des spécialistes. Malheureusement le texte ajoutait qu'il fallait y " intégrer d'autres timbres et empreintes : saxophones, flûte traversière, guitare basse, clavier électronique et les tracés sur scène du peintre Dauguet [qui] ennoblissent les traditionnelles guitares, zapateados des danseurs et accents des quejios flamenco " etc…Quelle erreur : arrivant à ce passage, on savait que le piège s'était refermé sur le consommateur naïf : le flamenco est noble et n'a aucun besoin de flûte ou clavier électronique. Mais il était trop tard, les places étaient payées.

Le spectacle était vraiment à la hauteur du tract annonciateur.

Commençons par l'arrière plan. Le peintre Dauguet a un talent certain. Mais il doit sûrement s'exprimer beaucoup mieux sur toile que le tableau noir de près de 8 m2, placé au fond de la scène, où il a fait en deux heures (ce qui est quand même un exploit) un croquis à la craie qui était à peu près incompréhensible.

Entre deux eaux, l'orchestre gazouillait des notes mièvres qui étaient empreintes de raï ou de quelque chose d'algéro-maroco-magrebin (il faut avoir l'honnêteté de reconnaître que le flamenco a tiré une part d'inspiration de la musique algérienne) qui n'ont absolument rien à voir ni avec le flamenco, ni avec la corrida. Le chanteur et la chanteuse avaient, le premier, une voix de castra, et la seconde, une voix blanche. Rien à voir avec le pleur gitan déchirant un sol calciné par le soleil. Le seul moment intéressant, qui a duré 1 minute 30, fut le chant acapella et sans micro de la belle brune, et il faudrait que quelqu'un lui dise que ces AYAYAY MA MERE sont bien mieux sans l'artifice de la technologie moderne qu'avec son orchestre et son micro (qui a peut-être toute la responsabilité de l'échec).

Au premier plan, le danseur et les ballerines qui l'accompagnaient étaient certainement prodigieux, mais la chorégraphie ne l'était pas du tout. Il y a eu quelque beaux tactac des talons et beaucoup d'entrain, goutte de sueurs et grimaces de douleur, mais grosso modo c'était fade. Ou plutôt, genre stand d'Eurodisney pour japonais de passage. Le premier tableau ne laise aucun souvenir. Le second représentait une vision dansée d'une corrida où le taureau était interprété par une mince et belle jeune fille au longs cheveux noirs roulant sur des épaules gainées dans une résille blanche. Elle était jolie et dansait fort bien, mais vraiment, la choisir elle pour faire le taureau, c'était soit très fort, soit très maladroit.

On était très loin du flamenco de notre Fernando ou d'un morceau de Carmen Amaya, qui, il est vrai, était un génie et ne donne plus qu'à voir son chant et à écouter sa danse, pour citer Noureïev qui qui précise encore qu'il " déteste toutes ces choses bruyantes du genre zapateado de cabaret " (il se serait sûrement régalé à TOROS & FLAMENCO) (v. livret et CD, Carmen Amaya, Chant du monde, volume 6 - étant précisé par ailleurs que cette série est une référence pour le flamenco).

 

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toro--C – Des excellentes raisons pour aimer le mauvais goût.

 La tristesse de certains spectacles, que l’on pourrait essayer de qualifier d’événements pour faire genre, ne doit pas aveugler le vrai aficionado. Le mauvais goût a beaucoup de bon. Et on va le démontrer.

La première raison pour aimer le mauvais goût est que ça permet de dire beaucoup de mal de ceux qui osent et qui pourtant ratent ce qu’ils font. C’est méchant (car l’art est difficile), mais c’est tellement bon. Alors pourquoi s’en priver, puisque dans la plus belle ville du monde (Paris) on a souvent besoin de se défouler sauvagement, avant de rentrer se coucher pour une petite nuit de sommeil.


Une autre raison est qu’anthropologiquement ça ne manque pas d’intérêt. En effet.


A une lointaine époque, les voyageurs, lorsqu’ils revenaient vivant d’un long voyage (et l’on voyageait pas mal à cette époque reculée), décrivaient les habitants des lieux traversés comme des choses étranges éveillant toute sorte de chimères dangereuses ou pittoresques. Aujourd’hui, la littérature est privée d’un tel exotisme et il faut recourir aux OVNI et à notre copain E.T. pour inventer des êtres drôles, effrayants, extravagants et qui font planer l’esprit au-dessus des eaux saumâtres de la semi-conscience. Mais pourquoi aller si loin ?

Il suffit de voir dans la plus belle capitale du monde la façon dont on représente les êtres qui habite au-delà des Pyrénées. Ca vaut le détour. L’image que s’en font le commun des mortels des vingt arrondissements où nous vivons est particulièrement gratinée. On y montre de la façon la plus burlesque une fanfaronnade de sketchs pitoyables où tout se mélange n’importe comment.


A ce titre, outre les machins dont il a été question ci-dessus, l’auteur de ces petites lignes a loupé exprès un spectacle annoncé comme génial et intitulé "toromagie " (on appréciera le jeu de mots). Les prospectus attirant le chaland faisaient allusion au toréo de salon avec des termes assez exacts. Mais après on y voyait des horreurs qu’il faut citer : " autour de ce mode instantané [ le toréo de salon ], il semblait intéressant d’associer trois écritures artistiques : le jazz, la littérature et le dessin – soutenu par la technique vidéo- pour composer un spectacle original et interactif inscrit dans cet équilibre fragile qui réside entre structures imposées et imagination créative ", tout ça combinant des textes de valeur (de Camilo José Céla) à des dessins réalisés en direct apparaissant sur un écran " pour constituer un univers riche en figuras, personnages et atmosphère colorés ". On arrêtera là la citation.


Mais elle est intéressante : l’imaginaire parigo se représente l’Espagne et la tauromachie (par ailleurs très décriée) comme une atmosphère colorée composée de personnages haut en couleur. Pourquoi pas Carmen ?


En définitive, le parisien avoue, d’une part, détester la sanglante tauromachie, mais n’arrête pas d’en rêver comme un enfant dans son lit qui espère vivre des trucs insensés et extravagants. Mais surtout, il ne faut pas voir le loup en face. Bon vieux parisien.

 

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